orgue de l'église abbatiale de Saint-Benoît-du-Lac est l'œuvre du facteur d'orgues québécois Karl Wilhelm de Mont-Saint-Hilaire.

Construit entre juillet 1998 et juillet 1999, il a été installé au cours de l'été de 1999. Jacques l’Italien, assisté de François Desautels, en a réalisé l'harmonisation.

Le 12 décembre 1999, le Père Abbé, Dom Jacques Garneau bénissait le nouvel instrument et, le samedi 27 mai 2000, Dom André Laberge donnait le récital d'inauguration.
Ce grand orgue, qui compte 42 jeux (2 692 tuyaux) est situé dans une travée latérale, entre le chœur, des moines et la nef. Le buffet est de chêne blanc et dessiné au nombre d'or. Les motifs ornementaux des claires-voies rappellent discrètement certains éléments de l'architecture.Six ans après la construction (1990-1994) et la dédicace de l'église abbatiale (4 décembre 1994), l'entrée de cet orgue marque l'achèvement d'un projet communautaire : donner à la liturgie un cadre architectural et un instrument musical de haute qualité.
D’ESTHETIQUE GERMANIQUE, LE NOUVEL ORGUE entend privilégier l'exécution du répertoire ancien tout en permettant l'exécution des répertoires romantique et moderne. Il se veut un instrument à l'identité claire, mais suffisamment souple et polyvalent pour répondre aux besoins de la liturgie de la communauté monastique.

Dans cette liturgie, en effet, l'orgue remplit deux fonctions : accompagner le chant grégorien et exécuter les œuvres diverses du vaste répertoire de l'orgue. L’accompagnement varie selon qu'il doive soutenir la psalmodie alternée entre deux chœurs, le chant d'un soliste, d'une schola ou encore occasionnellement, à certaines messes, celui de toute l'assemblée des fidèles. L’orgue accompagne habituellement l'office des Laudes (le matin) et des Vêpres (le soir), ainsi que la messe du dimanche et des diverses fêtes qui ponctuent l'année liturgique.
Dans son rôle d'exécution, l'orgue intervient comme soliste au cours des célébrations. Il permet l'exécution de la littérature d'orgue, très riche, héritée des siècles passés. Il s'associe ainsi d'une manière particulièrement significative à la prière de louange que la communauté monastique adresse jour après jour au Seigneur. À certains moments, l'orgue vient joindre sa voix à celles des moines et des fidèles; à d'autres, il contribue à créer des espaces de liberté dans le cœur de ceux qui l'entendent et à susciter en eux des sentiments qui s'épanouissent en prière. L’organiste liturgique n'a-t-il pas, par son art, cette belle mission et ce pouvoir singulier de dire Dieu, "d'élever puissamment les âmes vers Dieu et le ciel " (Vatican II, Constitution De Sacra Liturgia, no 120), et, comme le désirait Jean-Sébastien Bach, "d'édifier le prochain"?