aint Benoît consacre plusieurs chapitres de sa Règle à la mise en œuvre de l’Office divin. La place donnée à celui-ci est donc importante dans la vie du moine. La cloche l’appelle à intervalles réguliers à l’église où, avec ses frères, il célèbre l’Eucharistie et la Liturgie des Heures (ou Office divin). Ces temps de prière commune ont pour but de sanctifier la journée du moine. Ils sont composés de psaumes, d’hymnes, de cantiques et de lectures bibliques, suivant des proportions diverses. C’est donc en grande partie à travers des textes que l’Esprit de Dieu a lui-même inspirés que le moine s’adresse à Dieu.
À l’Office divin, la communauté accomplit son ministère de
prière : louange offerte à Dieu en union avec l’Église du ciel, supplication et intercession pour les besoins du monde. Prière de l’Église adressée au Père par et avec le Christ, dans l’unité du Saint-Esprit, la célébration liturgique est empreinte de gravité et de recueillement, de révérence respectueuse et aimante. Elle est le lieu où la communauté se construit et se laisse évangéliser, le lieu où s’effectue l’incorporation personnelle et aussi communautaire au mystère du Christ.




 




histoire montre bien comment le chant, la musique, l’architecture et d’autres arts ont été mis, par les moines, au service de ce ministère de la prière de manière à louer Dieu dans la beauté. À Saint-Benoît-du-Lac, une grande partie des offices est chantée en grégorien. C’est d'ailleurs par l’abbaye de Solesmes que fut revitalisé, à partir du XIXe siècle, le chant grégorien. Considéré par l’Église comme le chant propre de la liturgie romaine, il favorise la prière par une musique dépouillée et au service du texte.

Les hôtes et les visiteurs peuvent se joindre à la prière de la communauté et participer à l’Eucharistie ainsi qu’à tous les offices célébrés au cours de la journée.

Livrons-nous à la psalmodie de telle sorte que notre esprit soit d’accord avec notre voix.

Règle de saint Benoît, chapitre 19

 

À l’heure de l’Office divin, dès qu’on aura entendu le signal, on laissera tout ce qu’on avait en main et l’on accourra en toute hâte. Qu’on ne préfère rien à l’oeuvre de Dieu.

Règle de saint Benoît, chapitre 43





e mot latin se traduit littéralement par “lecture divine”. C'est une lecture lente et recueillie de la Parole de Dieu, à l’écoute de l’Esprit de Dieu qui donnera la lumière sur le texte. Cette lecture de la Bible, le moine la fait le plus souvent en cellule. Dans l’horaire quotidien, une place déterminée et suffisamment importante doit lui être assignée. La lectio divina est l’un des moyens les plus caractéristiques de la tradition monastique pour chercher Dieu. Elle est un chemin d’intériorité et tout chrétien est appelé à la pratiquer s’il veut connaître Dieu.

 Traditionnellement, on lui reconnaît quatre étapes : le moine écoute d’abord la Parole pour bien la comprendre (lectio), il la médite afin de se l’approprier (meditatio), ensuite il la prie (oratio), répondant ainsi à Dieu qui lui a parlé dans l'Écriture. Ces trois degrés le conduisent, si Dieu le veut, à un quatrième degré, soit celui de la contemplation (contemplatio).

 


 
our saint Benoît l’oraison, ou méditation, est étroitement liée à l’office, soit pour le préparer, soit pour le prolonger. Des moments sont donc ménagés, en dehors de l’Office divin, pour que cette prière intime avec Dieu se renouvelle.

« Toute la fin du moine et la perfection du coeur consistent en une persévérance ininterrompue dans la prière », écrivait le moine Jean Cassien (v.360 - v.432). En réalité, on ne peut dire que le moine prie à certains moments et, qu’à d’autres, il cesse de prier pour se livrer au travail. En s’appuyant sur les diverses heures de l’office et sur les temps de prière personnelle, il cherche à être l’homme de la prière continuelle. Le monastère lui offrant un cadre favorable, le moine s’applique, à travers toutes ses activités, à rester sous le regard de Dieu. Il y a donc une grande continuité dans la vie du moine, qui suppose un désir entretenu de rencontrer Dieu.

Si un frère désire prier avec plus de recueillement, qu’il entre simplement et qu’il prie, non pas avec des éclats de voix, mais avec larmes et application du cœur.

Règle de saint Benoît, chapitre 52

 




enez mes fils et mes filles, écoutez-moi,
que je vous enseigne l’amour du Seigneur.
Qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur ?

Garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides.
Evite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la.

Psaume 33, 12-15



 


  
La liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église.

Vatican II, Sacrosanctum Concilium.